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Un aperçu sur les tapis persans et les Juifs


Auteur Alain Chaoulli - 02/2005

Dès le XIXe siècle, les tapis persans sont produits en grande quantité pour satisfaire le marché florissant de l’Europe. La demande de ce marché pour les tapis persans était si importante que de grandes quantités de laines furent importées en Iran depuis la ville de Manchester.
Benjamin de Tolède, voyageur et rabbin juif espagnol (mort en 1173). Il a effectué de nombreux déplacements pour étudier la situation des communautés juives. Il écrit dans ses récits :
 « A la fin du 12e siècle, une très grande  partie de la production des tapis d'Iran provenaient des communautés  juives de Hamadân, Ispahân et de Shiraz  ».  Un autre de ses contemporains   avait constaté que la communauté juive de Tustar (ou Shushtar), constituée de quelques 15000 âmes, contrôlait effectivement le commerce de tapis de la région. D'ailleurs nous savons, d’après les historiens iraniens et arabes, que la région située entre Ispahân et Tustar était plus connue sous le nom de Yahudistan. Azarbaïdjan a fourni les célèbres tapis Shirvân, Kubâ et Korabach. Martin Gilbert, auteur de “The Dent Atlas of Jewish History“, écrit : « Le sud du Caucase entre l’Iran et la Turquie a été un lieu privilégié dans la culture du tapis.(...). Les juifs et leurs voisins musulmans ont tissé ces beaux tapis aux couleurs et aux dessins si particuliers dans leur originalité... ».  Ce sont les “juifs des Montagnes“ précise Anton Felton « dont la langue, Tât, est le Persan mais l’écriture est en hébreux »    et qui rappelle le judéo-persan de l’Iran.
Les conditions de vie de ceux qui étaient connaisseurs en coloration des laines et ceux qui tissaient les tapis n’étaient pas des plus aisées. En règle général ce sont les femmes qui tissaient les tapis, car ce travail était compatible avec leurs autres occupations, les enfants, piler les grains et donner à manger à la famille. Dans les correspondances des missionnaires anglais, on peut lire : « La plupart des tisseurs dans les ateliers étaient composés de femmes juives et chrétiennes».  Les plus habiles étaient très recherchées. « Le prix payé, écrit James Frazer dans son récit de voyage en Iran dans les années 1820, pour acheter une veuve turkmène habile dans le tissage des tapis peut parfois être supérieur à celui que l’on payerait pour une jeune fille à marier ».  Les femmes juives de Kermân, Kashân et Téhéran se sont particulièrement spécialisées dans le filage de la soie et le tissage brodé : les brocarts (zarbâft,—terme).
On pense que les villes où les juifs ont été les plus actifs dans le tissage et la commercialisation des tapis sont Mashhad, Kermân, Farahân, Shiraz, Ispahân et Kashân.  La ville de Kashân, a été adoptée par les juifs et elle a une histoire très ancienne concernant leur communauté. En effet, c’est le lieu de résidence qu’avaient choisi certains juifs expulsés d’Espagne à l’époque de l’Inquisition. "Il existe des documents historiques, écrit Anton Felton, qui prouvent que cette ville a été un centre de culture juive persane et les tapis Kashân tissés par les juifs en sont le témoignage".

Une étude plus approfondie sur "les tapis persans et les juifs" se trouve dans ma "Thèse soutenue en Sorbonne" qui est sur ce site.
 
 




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